Research
• Updated
02 June 2026
LNC2

The Mechanistic Foundations of Social Biases (SO-BIAS Project)

The ANR SO-BIAS project began in March 2026. It is jointly led by Julie Grèzes, an INSERM research director at the Laboratoire de Neurosciences Cognitives et Computationnelles at the ENS, Lou Safra, an assistant professor of political psychology at CEVIPOF at Sciences Po,  and their doctoral student, Lucile Bottein

The goal of the SO-BIAS project is to study the cognitive mechanisms involved in the expression and control of racist, sexist, and intersectional biases. This project has also received support from the Fondation Lilian Thuram contre le racisme and the Défenseur des Droits.

 

BIAIS
Julie Grèzes (crédits : INSERM), Lou Safra (crédits :  Alexis Lecome), Lucile Bottein.

L'étude des mécanismes cognitifs impliqués dans l’expression et le contrôle des biais racistes, sexistes et intersectionnels

Bien que les enquêtes sociales indiquent que les attitudes racistes et sexistes sont en recul, les faits montrent que la discrimination et les inégalités persistent. La cause de ce phénomène est à la fois structurelle et individuelle : les inégalités structurelles sont reproduites de manière involontaire par les comportements individuels, guidés par des associations implicites.

Cependant, l’influence de ces préjugés implicites sur le comportement n’est pas irréversible. Les individus peuvent exercer un certain contrôle sur leurs associations implicites dans des contextes expérimentaux, et il semble que l'amélioration de la capacité des individus à contrôler leurs préjugés implicites puisse également contribuer à réduire la discrimination.  Mais les facteurs qui facilitent ou entravent ce contrôle dans des contextes plus complexes restent mal compris.

Le projet SO-BIAIS vise à étudier de manière systématique les mécanismes de génération des préjugés implicites ainsi que les contextes qui facilitent ou entravent leur expression. En mettant en lumière les conditions qui favorisent l’émergence des préjugés ou leur contrôle, cette étude pourrait éclairer l’élaboration de stratégies en faveur de l’équité et de l’égalité.

 

Une meilleure compréhension des fondements mécanistiques des biais sociaux pour lutter contre les discriminations 

En France, comme ailleurs, un paradoxe persiste : selon le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, l’indice de tolérance atteint 63 sur 100 en 2024, soit un niveau historiquement élevé. Pourtant, en parallèle, la France enregistre la discrimination à l’embauche parmi les plus fortes d’Europe. Ce décalage est la preuve que, malgré les bonnes volontés de chacun, certaines formes de discrimination persistent de manière implicite. Espérer les réduire suppose une meilleure compréhension des mécanismes cognitifs qui les produisent et les perpétuent.


Par Julie Grèzes et Lou Safra

Lutter efficacement contre les inégalités nécessite de comprendre pourquoi des comportements discriminatoires persistent même chez des personnes qui se déclarent en faveur de l’égalité. L’objectif du projet SO-BIAS, financé par l’ANR, est de mieux comprendre l'influence des attitudes racistes et sexistes implicites, c’est-à-dire celles qui peuvent influencer nos comportements de manière inconsciente.
En effet, nous vivons tous.tes dans un environnement marqué par les inégalités, les discriminations et les stéréotypes. À force d’évoluer dans ce contexte, nous intégrons, souvent sans nous en rendre compte, des associations très fortes entre certains groupes sociaux et des caractéristiques, des croyances ou des comportements.

Ces associations peuvent ensuite influencer – voire biaiser – nos décisions au quotidien, de manière inconsciente. Bien qu’il soit possible de contrôler l’expression de ces biais implicites -en commençant par prendre conscience de leur existence- les conditions dans lesquelles ce contrôle est efficace et les mécanismes cognitifs impliqués dans ce processus de contrôle sont encore peu connus. 

Le projet SO-BIAS vise à mieux comprendre ces processus en combinant des mesures comportementales, des modèles computationnels, des mesures physiologiques et neurologiques et à offrir de nouvelles pistes pour développer des stratégies efficaces pour combattre les discriminations.

Extrait du communiqué publié par Sciences Po.

 

ColloqueL'équipe de recherche coorganise le Colloque INTERSECT - Penser les inégalités sociales à l'ère de l'intersectionnalité : une approche interdisciplinaire qui aura lieu les 5 et 6 novembre 2026 à l’Université Paris 8.

Ce colloque entend ouvrir un espace de discussion autour des inégalités sociales à travers le prisme de l’intersectionnalité, en croisant les regards de plusieurs disciplines, notamment l’art, l’économie, l’histoire, la psychologie, les sciences cognitives, la science politique et la sociologie. 

Les chercheur·euses et étudiant·e·s, à partir du niveau Master sont invité·es à proposer des contributions portant sur les inégalités sociales, inscrites dans une perspective intersectionnelle. L’appel est ouvert à toutes les disciplines.

 Date limite de candidature : 15 juin 2026

Informations : https://intersect.sciencesconf.org/ 

POUR EN SAVOIR PLUS