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• Updated
29 October 2019
LNC2

Des erreurs à l’origine de la créativité de l’esprit humain ?

Une équipe menée par Valentin Wyart (LNC2), lauréat d’une bourse ERC en 2017, vient de montrer qu’une grande partie de nos choix n’est pas motivée par la curiosité, mais par des erreurs résultant des mécanismes cérébraux impliqués dans l’évaluation de nos options. Ces résultats ont été publiés dans Nature Neuroscience.

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Les régions cérébrales qui s'activent lorsque les participants explorent des actions aux issues incertaines (en jaune) sont les mêmes que celles qui s'activent lorsque les participants commettent des erreurs de raisonnement (en bleu).


Sommes-nous curieux par choix ou par hasard ?

Pourquoi certains de nos choix semblent-ils être poussés par l’envie d’explorer l’inconnu ? Accompagné de Vasilisa Skvortsova et Charles Findling, deux post-doctorants de son équipe, Valentin Wyart s’est penché sur la question. En collaboration avec Stefano Palminteri, l’équipe de recherche a mis au point un nouveau modèle mathématique de prise de décision basé sur l'apprentissage par renforcement. Un algorithme très utilisé en intelligence artificielle ! Grâce à cette collaboration, l’équipe de recherche a découvert que « notre cerveau utiliserait ses propres erreurs pour produire des choix vers l’inconnu, sans s’appuyer sur notre curiosité. »

Pour Valentin Wyart, « si ces résultats peuvent paraître surprenants, de nombreuses découvertes majeures sont le résultat d’erreurs de raisonnement : la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, mais aussi la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel ou encore celle du pacemaker par John Hopps. D'ailleurs, l'évolution des espèces repose elle aussi sur des variations aléatoires du génome, autrement dit des erreurs génétiques, dont certaines sont conservées par sélection naturelle. »

Des recherches qui se poursuivent 

L’équipe recherche actuellement si les erreurs d'évaluation observées dans cette étude pourraient être régulées dans le cerveau par le système neuromodulateur de la noradrénaline, en contrôlant la précision des opérations mentales effectuées par le cerveau. Ils souhaitent également mieux comprendre comment ces erreurs d'évaluation interagissent avec la curiosité pour guider les décisions sous incertitude. Valentin Wyart poursuit, « nous voyons les erreurs d'évaluation non comme des ratés de la cognition humaine, mais comme une source de variabilité potentiellement bénéfique pour la découverte d'information dans des environnements incertains »

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PLUS D'INFO

Communiqué de presse INSERM   
Article sur le site de Nature Neurosciences