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• Updated
19 December 2017
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What do we do when we are scared ?

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Face à une situation suscitant l’effroi, le premier réflexe n’est pas de fuir, mais de se rassurer en agrippant son voisin. C’est ce qui ressort d’une recherche ayant pour décor une maison «hantée» de parc d’attraction. Des spécialistes du comportement de l’Université de Neuchâtel et de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Paris ont passé en revue 460 photos montrant les réactions de frayeur de groupes de visiteurs de la maison. Leurs conclusions viennent d’être publiées dans la revue scientifique Royal Society Open Science.

Alors que l’intuition voudrait que face à une situation effrayante, un individu choisisse la fuite, être en groupe modifie son comportement. «Dès que l’on se trouve en groupe, les liens sociaux l’emportent sur la volonté de ne penser qu’à soi», constate Guillaume Dezecache, éthologue au Laboratoire de cognition comparée de l’Université de Neuchâtel au moment de cette recherche. Les individus se rassurent en saisissant un voisin par le bras et s’attendent à ce que l’autre personne fasse de même, ce que l’on nomme la préhension mutuelle.

Derrière ces actes sociaux se cachent pourtant des motivations moins altruistes qu’il n’y paraît à première vue. «L’acte social consistant à rechercher un contact physique avec son voisin est en réalité motivé par une envie de se protéger soi-même. On le constate en observant une diminution des préhensions mutuelles dès que la taille du groupe augmente. Ou, et c’est plus étonnant, en présence d’enfants», nuance Julie Grèzes, co-auteure de l’article et chercheuse au Laboratoire de neurosciences cognitives de l’ENS. En effet, les enfants sont nettement plus enclins à s’agripper, mais ne reçoivent que peu de préhensions réciproques.

Ces recherches s’inscrivent dans une série de travaux consacrés aux comportements de foules lors de situations de peur parfois extrêmes, comme lors de prise d’otages ou d’attentats. Ceux-ci sont basés sur des témoignages de survivants, donc tributaires d’un récit qui laisse une grande place au ressenti subjectif des individus. Ce qui n’est pas le cas dans la présente étude.

Avec la visite de la maison «hantée» Nightmares Fear Factory à Niagara Falls (Canada), les chercheurs ont pu analyser des réactions purement éthologiques et prises sur le vif. Elles sont révélées sur des images capturées par des caméras automatiques de l’attraction et qu’on met à disposition des visiteurs à la fin du parcours. Pour leurs travaux, les scientifiques se sont servis d’images postées par les visiteurs sur Internet, mettant en scène des groupes allant jusqu’à sept personnes.

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